Ray 1952

Raymond 1976

Hommage à Ray Grassi, champion de France de boxe,
né en 1930 et décédé à l'âge de 23 ans.


Ray Grassi« Ne jetez jamais l’éponge, je défendrai mon titre jusqu’à la mort »… prononcée en octobre 1953, Ray Grassi ne peut alors se douter que cette phrase résonnera bientôt en écho, telle un funeste présage. Il succombe en effet deux mois plus tard, des suites de son ultime combat de boxeur professionnel, à seulement 23 ans. Des milliers de Marseillais conduiront Ray à sa dernière demeure, lui rendant ainsi un hommage digne des plus grands, saluant le champion qu’il était, mais aussi et surtout un « brave petit ». Sa simplicité, sa gentillesse, sa disponibilité en faisaient un personnage rayonnant qui pouvait représenter fièrement les Marseillais, ces derniers lui vouant en retour une véritable reconnaissance.

Comme souvent pour les futurs champions, le hasard conduira Ray à la boxe, entraîné dans une réunion pugilistique à 17 ans par un ami et collègue de travail, lui-même poids welter amateur. Après quelques entraînements, il fit son premier combat envoyant au tapis son adversaire du jour, de 10 ans son aîné. Ce sera le coup de foudre pour la boxe et demain la griserie des victoires, acclamé par la foule, mais toujours la tête bien arrimée sur les épaules !

« Tout en lui respire le champion d’origine. On a l’impression que si Ray, ce mousquetaire du Ring, n’avait pas existé, le sport eut souffert d’une perte sèche » écrivait le journaliste Lucien d’Apo dans le Provençal, en 1951. A l’époque, nombreux étaient ceux qui lui prédisaient une carrière digne de Famechon et Robinson… comme eux, d’ailleurs, ne s’appelait-il pas Ray ?

Pourtant, même auréolé du statut de grand espoir des poids plume et de l’oscar de la presse sportive et touristique de Marseille, la tête de Ray ne tournera pas, « ne dites pas trop de bien de moi… » confiait-il à un journaliste. Joignant le geste à la parole, il continuera de travailler dans l’entreprise familiale de plomberie avec son frère Roger. Il n’hésitait pas à se hisser dans le vide à l’aide d’une corde à nœuds arrimée au balcon d’une façade, pour réparer un tuyau d’écoulement des eaux, ou à peaufiner un carrelage impeccable tant il était perfectionniste et respectueux du travail effectué.

C’était un fait connu des journalistes, la boxe pour Ray n’était pas une fin en soi, plutôt un moyen agréable d’améliorer sa condition et celle des siens. Alors tant qu’à le faire ce sera avec le même souci du perfectionnisme, la rage de vaincre, le respect vis-à-vis de l'entourage ou du public.

Né le 5 mai 1930 à Marseille de parents originaires de Cervione en Corse, Ray a une sœur et deux frères. Il a tout juste 10 ans quand son père décède, 14 ans lorsqu’il effectue son premier travail, le prédisposant à une maturité précoce.

Ray devient champion de France des « plume » le 28 septembre 1952 aux arènes du Prado à Marseille, il bat Maurice Forni par K.O. à la 14ème reprise et suscite chez les Marseillais une admiration pour cet enfant de la cité, qui ne se démentira jamais. Tous les journaux de l’époque en témoignent. Il s’éteint le 6 décembre 1953, après avoir défendu son titre au sein de ces mêmes arènes du Prado. Il laisse derrière lui l’image d’un type bien, selon l’expression consacrée, courageux et sympathique. Des témoignages attestent qu'il n’était pas au mieux ce jour-là, de là à s’en servir de prétexte pour annuler un combat, c'était hors de propos. Il recevra un vibrant hommage, à la hauteur de ce que le brave petit avait procuré comme émotions autour de lui…

Ray repose au cimetière Saint-Pierre à Marseille, où sa mère Marie-Jeanne viendra longtemps se recueillir, avant de le rejoindre à son tour. Sur des feuillets qu’elle conservait précieusement, enregistrant chaque combat professionnel de son fils, sa dernière phrase sonne comme une douloureuse et compréhensible plainte : « On m’a tué mon petit… ».

Raymond Grassi« Créer, c’est se souvenir. » (Victor Hugo). Créer une fondation visant à aider et promouvoir le développement de la pratique de la boxe, dans le respect de la noblesse et de l’éthique des valeurs transmises par ce sport, sera ma contribution au souvenir. Le souvenir d’un immense champion de boxe marseillais, aimé et apprécié de tous, le souvenir d’un homme que je n’ai pas connu, qui a pourtant guidé mes pas, structuré mon éducation et transmis mon éthique de la vie, le souvenir d’un oncle dont la personnalité est restée gravée au plus profond de notre mémoire familiale, je veux parler de Ray Grassi né le 5 mai 1930 à Marseille et décédé le 6 décembre 1953, des suites d’un combat où il défendait son titre de champion de France professionnel.

Au fil des ans, la course de la vie contre le temps me devient perceptible. Je réalise que j’aurais pu honorer plus tôt ma famille et la mémoire de mon oncle, avec plus de force que ma modeste contribution de pugiliste amateur. C’est l’image de sa vie transmise au travers des récits de ma famille, de ses amis et de ses supporters marseillais, que je souhaiterais aujourd’hui partager avec vous. A mon père Alain, le frère de Ray, son plus fervent supporter, 80 ans en cette année 2012, je dédie ce site : le site officiel Ray Grassi. C’est aussi ma façon d’honorer ma grand-mère Marie-Jeanne, ma tante Joséphine, mon oncle Roger disparu, tous les membres de ma famille et amis, offrant en la partageant une tranche de la vie de Ray Grassi.

La mémoire s’entretient et se perpétue. La ville de Marseille reconnaissante a honoré sa mémoire en 1965, donnant le nom de Ray Grassi aux allées sises entre le Parc Chanot et le Stade Vélodrome. Puis à l’occasion des 2600 ans de la ville, en attribuant également son nom à la Tribune Nord du Stade Vélodrome, elle renouvellera ainsi son attachement à cet enfant de la cité, trop tôt disparu.

Que deviendrions-nous Ray, que deviendrait la mémoire collective des marseillais si nous ta famille, tes amis et tes supporters, n’entreprenions pas cette démarche ? Que deviendrions-nous sans le souvenir de nos champions ? Que deviendrait le sport, sans histoire, sans mémoire, sans champion à admirer ?

Les recherches entreprises à cette occasion sur le passé, me permettront d’élargir mon centre d’intérêt à la boxe marseillaise et provençale et plus particulièrement aux champions de l’époque. Sans oublier un lien très étroit mêlant l’histoire de la boxe à celle du vélo et qui ne pourrait prendre toute sa dimension, sans l'amitié qui me lie à René et Jean-Pierre Bertrand. Je souhaite pour cela que le cyclisme, ce sport si proche par ses aspects dramatiques et l’approche spartiate de sa pratique soit également honoré en retour, pour son respect, sa complicité et son amour de la boxe et de ses figures légendaires.

Avec la création de ce site, son prolongement au travers des réseaux sociaux et celle de la fondation à venir, nous entendons aider à la réalisation de structures modernes, capables de répondre aux exigences de qualité, de confort d’accueil et de sécurité, souhaitables pour les jeunes générations pratiquant ce sport. Aider également à la transmission des valeurs et des savoirs pugilistiques, au travail de mémoire. Pour cela, nous remercions l’ensemble des donateurs et contributeurs qui participent ou participeront à cet exercice de mémoire, de transmission et d’engagement.

Ma passion pour la boxe ne saurait oublier ce qu'elle doit aux hommes "de l'ombre". L’expérience acquise avec les conseils prodigués par mes excellents professeurs Victor Tzivskine, Antoine Bellu, Roger Occhinaren, mon homme de coin André Reginal, sans oublier les échanges et la pratique avec mes collègues d’entraînement, m’ont toujours fait ressentir ce besoin d’adresser à mon tour, au profit des plus jeunes, la passion, le savoir et les valeurs que la pratique de la boxe m’a transmise. Je vous souhaite une excellente visite sur ce site.


Raymond Grassi

Barba"Barba" fut en son temps un pugiliste de talent. Il débuta sa carrière de boxeur professionnel dès l'âge de 15 ans. Les combats Walherlis, Fortès, Baumas,... et notamment Diego étaient à vous couper le souffle. « Jusqu'à la fin nous assisterons ainsi à des échanges extrêmement durs, soutenus, soulignés par les cris et les applaudissements d'un public électrisé. » écrivait un journaliste marseillais le 10 février 1935 dans "L'édition sportive". « Ces combats pouvaient satisfaires à la fois les amateurs d'excrime pure ainsi que les fervents de la "bourre" et les partisans du "punch" » ajoutait-il.

Barba raccrocha les gants vers ses 32 ans pour se vouer à l'entraînement des jeunes et créer le "Ring Provençal". Mais, le boxeur de "tous les dangers" voulu que ses élèves deviennent des stylistes et non un battant comme lui.

Ainsi il forma Ray Grassi, champion de France, malheureusement victime plus tard d'un tragique accident du ring, dont il ne se consola jamais; Gracieux Lamperti décrocha le titre de champion d'Europe, il avait l'étoffe de devenir champion du Monde. Parmi les boxeurs les plus doués de son écurie figuraient également Valère Benedetto, Pierre Vetroff, Marius Cordier, Dominique Césari et Richard Caramanolis qu'il accompagna jusqu'au titre de champion de France et international amateur.

Son équipe de boxeurs amateurs brillait par ses résultats lors de championnats de Provence et de France. Ses qualités d'entraîneur se reconnaissaient à travers le style de "L'école à Barba". A travers cette passion il exerçait un rôle sportif, éducatif, social et paternel auprès de ces jeunes, la plupart issus de milieu modeste. Ainsi sont nées en eux des vocations d'entraîneurs et en grande majorité se sont reclassés socialement dans le commerce. Pour ma part j'essaie de continuer à faire vivre la boxe en Provence dans ma fonction de conseiller technique régional, par l'animation de la formation de cadres.

En effet la boxe peut-être un moyen d'intégration sociale, si l'on créé des structures qui permettent la compétition de boxe éducative amateur et de loisirs. Elles favorisent la vie relationnelle du groupe à l'intérieur du club et les rapports avec autrui par le mélange de différentes ethnies. La boxe prend sa place au sein des rapports de force et de violence chez de nombreux jeunes qui tentent vainement de l'exprimer. Mais ce sport de combat implique avant tout le respect de son adversaire et la maîtrise de soi.


René Barbafieri (fils de Barba)
Presse

ACTUALITES BOXE (Cliquez sur l'image)


Pros, engagez-vous !
Pros, engagez-vous !
Rumeurs et... vérités
Rumeurs et... vérités
Info BPJEPS 2017
Info BPJEPS 2017
Infos boxe amateur
Infos boxe amateur
M'Billi et Djari régalent
M'Billi et Djari régalent
Championne d'Aquitaine
Championne d'Aquitaine

Ils ont écrit :